L’origine
du chocolat

Le chocolat a été dégusté pour la première fois en 1674, sous forme de rouleaux et de gâteaux, servis dans divers „chocolate emporiums”.

En 1795, le docteur Joseph Fry de Bristol a inventé une machine à vapeurs pour adoucir les fèves de cacao, ce qui a mené à la fabrication du chocolat à grande échelle. En 1874 Fry & Sons a commencé à vendre „Chocolat délicieux à manger”, dont on pense que c’était la première tablette de chocolat.

Nestlé1 déclare que de 1800 à aujourd'hui, quatre facteurs contribuèrent à ce que le chocolat sous forme de nourriture devienne un produit mondial :

  1. L'introduction de la poudre de cacao en 1828.
  2. La réduction des taxes.
  3. Les améliorations dans les dispositions de transport de la plantation à la fabrique.
  4. L'invention de manger du chocolat, et les améliorations dans les méthodes de fabrication.

Vers l'année 1810, le Venezuela produisait la moitié du cacao en exigences mondiales, et le tiers de tout le cacao produit était consommé par les Espagnols.

L'invention de la "presse cacao" en 1828 par C. J. Van Houten, un maître hollandais du chocolat, aida à réduire le prix du chocolat et apporta celui-ci à la masse. En faisant ressortir le beurre de caco de la fève, l'hollandisation de Van Houten fut un processus d’alcalinisation.

Dans son volume de 1923, The Cacao and Chocolate Industry, Arthur W. Knapp attribua la montée en popularité du cacao à ces innovations :

  1. L'introduction par Van Houten de la poudre de cacao telle que nous la connaissons.
  2. La réduction des taxes et le bas maintien de celles-ci pendant plusieurs années.
  3. Les importantes améliorations qui se produisirent dans les méthodes de transport.
  4. Les améliorations dans la fabrication du chocolat à manger.

Daniel Peter, de Vevey en Suisse, expérimenta pendant huit ans avant de finalement inventer des moyens de faire du lait au chocolat en 1876. Il apporta sa création à une firme Suisse qui aujourd'hui est le plus grand producteur de chocolat : Nestlé.

En 1879, Rodolphe Lindt de Berne en suisse, produisit du chocolat qui fondait sur la langue. Il inventa le "conching", un moyen de chauffer et de rouler le chocolat afin de le raffiner.

Après que le chocolat est "conché" pendant plus de 72 heures et qu'on lui ai rajouté du beurre de cacao, le "fondant"original est créé.

En 1849, Brothers Cadbury exposèrent du chocolat à manger lors d'une exposition Au Bingley Hall à Birmingham, Angleterre.

Le confiseur Suisse Jules Sechaud de Montreux a introduit un procédé pour fabriquer des chocolats remplis en 1913.

Le 1er octobre 1925 la bourse à cacao, "New York Cocoa Exchange"2, a été fondé. Ainsi, les vendeurs et les acheteurs pouvaient se retrouver ensemble pour faire leurs transactions.

Le Brésil et la Côte d'Ivoire sont les meneurs concernant la zone des fèves de cacao, représentant près de la moitié du cacao mondial. Pendant que les États-Unis mènent les importations mondiales du cacao et la production du chocolat, la Suisse demeure en tête en ce qui concerne la consommation per capita.

En 1980, une histoire d'espionnage dans le monde du chocolat frappa la presse mondiale lorsqu'un apprenti d'une compagnie Suisse de Suchard-Tobler tenta sans succès de vendre les recettes de chocolat à la Russie, la Chine, l'Arabie Saoudite et d'autres pays.

Par les années 1990, le chocolat a prouvé sa popularité en tant que produit et son succès dans le monde des affaires. La consommation mondiale annuelle des fèves de cacao approximent moyennement 600 000 tonnes. De plus, la consommation de chocolat per capita est en montée. La fabrication du chocolat aux États-Unis représentent une industrie de plusieurs milliards de dollars.

"Nous avons vu comment le chocolat a progressé, partant d'un breuvage primitif et repas des anciennes tribus Latino-américaines -faisant partie de leur religion, leur commerce et leur vie sociale- jusqu'à un breuvage prisé par l'élite de la société européenne, et graduellement amélioré devenant un breuvage incomparable, et plus tard, superbement mangeable. Nous avons également suivi sa transformation complexe, commençant au départ par les graines du fruit d'un arbre exotique et aboutissant finalement à une grande variété de produits au cacao et chocolatiers.

Au-delà des aspects historique, agricole, commercial et culinaire du chocolat, d'autres ont des effets sur notre santé et notre beauté, et inspirent la littérature et les arts." 3

La légende
des origines

Topiltzin, le roi des Toltèques, qui, une fois arrivé sur le trône, a pris le nom de Quetzalcoal4 a amené avec lui les fèves du cacaotier, provenant des terroirs sacres des premiers fils du Soleil, et a introduit cet arbre dans les jardins paradisiaques des alentours de la ville Tula, Mexique. Ainsi, la culture de l’”arbre à cabose” qui donne des fèves nommés cacau5 a commencé. Considéré l’Arbre du Bien et du Mal, il a été regardé comme ayant le pouvoir d’inspirer la connaissance humaine, étant associé aux rituels célébrant la naissance, la puberté, les fiançailles et les noces. Le cacaotier était le médiateur entre le ciel et la terre, entre la nature et l’homme. C’est rarement qu’un produit a eu une tel potentiel imaginatif.

La vraie histoire du chocolat ne peut être appréciée qu’après le XIVème siècle, l’époque où l’Empire Aztèque a été construit autour de sa capitale actuelle, Mexico City.

Le cacao
des Aztèques

Quand Christophe Colomb est arrivé sur l’Ille Guanaja en 1502, il y a trouvé une boisson de cacao, amère et „bonne seulement pour des cochons”. L’arrivée des conquistadors espagnols le 21 avril 1519, avec leur capitaine, Hernán Cortés, nous permet d’arriver aux sources de l’utilisation de la poudre de cacao. En voyant Cortés, le roi aztèque pensait qu’il était le dieu Moctezuma, dont le retour était prévu par les légendes ce même jour, et, un peu incrédule, il est allé au devant des conquistadors en leurs offrant, dans une coupe d’or, une boisson amère „Xocoatl”, avec des vertus revigorantes. Hernán Cortés, séduit, a imposé cette boisson à son armée, après avoir constaté qu’”une tasse de cette boisson précieuse suffisait aux soldats pour une journée entière de marche, sans avoir besoin d’autres aliments”.

Les premiers chroniqueurs colombiens racontent que la boisson contenait un liquide dans lequel on mélangeait des fèves écrasés de cacao, caroube en poudre, vanille, des clous de girofle entiers, noisettes, amandes, pistache, de l’eau de fleurs d’oranger et de rosier, poivre en poudre, poivrons, cannelle et purée de maïs6. On le tout prendre en versant la boisson d’un récipient à l’autre, et après en fouettant la boisson pour que l’écume se forme. Puis, on ajoute du miel, du mosc et de l’ambre, pour supprimer le goût amer du mélange.

Hernán Cortés s’est décidé d’emporter avec lui les fameux fèves, avec les autres trésors, à son retour en Espagne. La première cargaison de cacao part avec un „vento chocolatero”7, nom avec lequel on désigne au Mexique les brises du Nord qui favorisent la navigation. Le poète italien Pietro Andrea Forzoni a résumé ses vertus :”Une suave ambroisie, source de santé, soutien spirituel de la vie pleine de faiblesses, si convoitée par les habitants immortels de Cieux.” Du tonique à l’aphrodisiaque, il n’y avait qu’un pas, dépassé avec de la légèreté par l’historien Bernard Diaz. D’après lui, l’empereur Moctezuma était habitué à boire une tasse du précieux élixir avant d’entrer dans son harem. Ni Casanova, ni le Marquis de Sade n’ont oublié cet élixir.

Dès le début, les précolombiens ont utilisé comme monnaie de change les fèves de cacao, en les appelant symboliquementamygdale pecunaria8 les plus recherchées étant celle de Soconusco, province du Pacifique, utilisées comme unité de compte pour le paiement des impôts. Produits vivants, les „fèves monnaies” étaient renouvelés périodiquement, ceux périmés étant transformés en liqueur! Ce fait a déterminé le jésuite Pedro de Angleria de dire en 1530 : „Une monnaie heureuse, qui apporte à l’homme une potion délicieuse et utile, qui le met à l’abri de l’avarice, car elle ne peut pas être gardée pour longtemps.” C’est sûr, le fruit magique avait toutes les vertus! L’utilisation des „fèves monnaies” a continuer jusqu’au XIXème siècle, co-existant en parfaite harmonie avec la monnaie officielle9.

Dans le coeur
de l’Europe

Les missionnaires de l’église en Amérique du Sud ont repris l’utilisation de cette boisson dans les églises d’Espagne et de la „Nouvelle Espagne”. Les dames espagnoles de Nouveau Monde l’aimaient à la folie et le prenaient avec elle même à l’église. Les essais des prêtes de les déshabitués de cette coutume ont échoués, et, dans le XVIIème siècle, parce que ces fidèles du chocolat ne renonçaient pas à leur habitude, la consommation du chocolat a été officiellement autorisée pendant la messe! C’était aussi les prêtres d’Oxala qui ont eu l’idée d’ajouter du sucre de canne, du mosc et de l’eau de fleurs d’oranger. Plus tard, toujours les prêtres et les moines espagnols de Mexique ont étaient ceux qui ont fabriqué les premières tablettes de chocolat, faciles à commercialiser. Fray Aguilas10 a envoyé ces tablettes, avec la recette, à l’abbé des monastères de Piedra, dans la province d’Aragon, fait qui explique sans doute la tradition cistercienne de la fabrication du chocolat. Les popes du XVIIIème l’utilisé beaucoup, surtout pour résister aux conclaves interminables.

1The History of Chocolate and Cocoa, p.3
2à World Trade Center
3selon Norman Kolpas (1978, p.106)
4le dieu de la création, des connaissances, de la culture
5dans la langue des Mayas
6nommé par eux atolla
7„vent chocolatier”
8amende pécuniaire
9un rapport de 1576 évalue 1 pesso méxicain à 1120 fèves
10un moine de Cister